Conversation entre la patronne et Hercule Bouc, sur l’utilité des décorations d’oreilles :

« Quoi, Hercule ? Pourquoi me regardes-tu avec tant d’insistance ?
– Je regarde tes oreilles.
– ?????
– Toi aussi, tu as des boucles auriculaires !
– Oui, certes ! Ce ne sont pas tout à fait les mêmes.
– Y a rien d’écrit sur les tiennes ?
– Non pas besoin. Moi, à la place, j’ai une carte d’identité, un papier qui témoigne que je suis bien moi !
– Et pourquoi j’en ai pas, moi, de papier ?
– Ben si… Tu en as des papiers, puisque tu es un bouc issu d’IA.
– ?????????
– Ta maman, ben… Comment dire… a reçu des paillettes. Des paillettes de bouc que l’inséminateur a placé dans la matrice de ta mère. Ton père est un bouc extraordinaire qui a permis que tu existes ! Et je me réjouis d’avoir un si beau bouc, si gentil et costaud.
– Je veux mes papiers !
– Non. Tu vas les bouffer !
– Murf.
– En attendant, il est temps de mettre les boucles électroniques à tes filles : Madeleine, Maella, Mal de Cap, Mafalda, Marguerite et Mechoui.
– Pourquoi ?
– Moi, je les reconnais, mais les autres, non ! Si le vétérinaire départemental vient, elles doivent être bouclées. C’est obligatoire ! Et sur les boucles, il y a mon numéro d’éleveur en plus du numéro millésime de la chèvre. Ce numéro leur est attribué à vie et permet de savoir qui elles sont, d’où elles viennent et quel âge elles ont. Si une boucle est perdue, en attendant d’en recevoir une autre via le GDS (groupement de défense sanitaire), on doit poser une boucle provisoire de couleur rouge sur laquelle on transcrit au marqueur indélébile les numéros d’identification et d’éleveur.
– Uhhhhh ! C’est désagréable !
– T’inquiète ! Je fais vite et bien, et tes filles ne seront pas plus incommodées que cela. En plus, je fais ça avec une pince propre et je désinfecte avant ! Et puis regarde : moi aussi, j’en ai et j’ai pas pleuré ! »