Prenons quelques minutes sur la traite des vaches et une question récurrente : est-ce que les machines à traire font mal aux animaux ?

La question est parfaitement légitime : d’abord, le bout de la machine qu’on branche à la vache s’appelle une griffe et ça n’inspire rien qui vaille. J’ignore qui a eu l’idée saugrenue d’appeler ça comme ça. Ensuite, ça fait pas mal de potin, ça peut être impressionnant. Une salle de traite ressemble un peu à une soirée tekno avec un peu moins de décibels et de bpm, mais c’est tout aussi répétitif.

Voyons d’abord en quelques mots comment tout ça fonctionne.

Une pompe à vide permet de créer une aspiration non-continue : un coup à droite, un coup à gauche. D’où les bruits répétitifs.

Il y a une expérience fort simple qu’on fait toujours avec les enfants, dans les fermes, pour répondre à la question de la douleur : on prend la main de l’enfant et on la met dans la bouche d’un veau. Les veaux tètent tout ce qu’on leur donne, ou ce qu’ils attrapent eux-mêmes : un coin de pantalon, vos cheveux ou votre main. Et c’est assez impressionnant, d’abord parce que la force d’aspiration est assez conséquente pour une si petite bestiole, ensuite parce que de temps en temps le veau positionne mal sa langue et qu’on sent passer les dents sur la peau. Et le bovin a beau n’avoir qu’une seule rangée de dents, elles sont faites pour couper net l’herbe et sont aussi tranchantes que des lames de rasoir. Et oui, ça arrive qu’ils nous coupent.

Une fois que l’enfant (mais on peut le faire avec des adultes) a bien mesuré la force de succion du veau, on démarre la machine à traire et on lui fait mettre les doigts dans les godets de la griffe (le bidule qu’on branche normalement sur les trayons de la vache). Et tous les enfants sont formels : ça ne fait pas mal du tout, car les godets n’ont pas de dents et aspirent un peu moins fort qu’un veau en bonne santé.

Nous avons donc une réponse à notre question : non, la traite mécanisée ne fait pas du tout mal aux vaches. D’ailleurs, si tel était le cas, elles renâcleraient et il n’y aurait pas moyen de les faire entrer en salle de traite.

En fait, il vaut beaucoup mieux pour elles qu’elles soient traites de la sorte, plutôt que par une personne qui le ferait à la main et s’y prendrait comme un manche.