?? Prom’nons-nous dans les bois, pendant que le loup ‘y est pas… ??

… Pas de loup dans les Pyrénées Orientales. Mais parfois des chiens errants. Alors, suite à des charges et morsures de chiens sur les chèvres, les protecteurs Gnocchi et Laika, des bergers yougoslaves, appelés aussi Charplaninacs, nous suivent en promenade. Un mâle, Gnocchi, âgé de 5 ans, et une femelle, Laika, âgée de 6 ans.
120 kilos de patous à eux deux.

Le patou est le gardien de troupeau. Par extension, il désigne aussi le chien de la race Montagne des Pyrénées.
Ces protecteurs sont des molossoïdes, des chiens de fort gabarit avec un museau typique de cette morphologie, et surtout une prédisposition innée à la garde et la protection.
Ils vont se poster en éclaireur ou en hauteur pour surveiller les abords. S’ils sont plusieurs, ils vont se répartir les tâches et les plus jeunes calquent leurs attitudes sur les plus expérimentés.

Certaines races se fondent dans le troupeau et en sortiront si il y a une menace. D’autres sont plus dans la garde active : c’est le cas du Charplaninac.

Je ne vais pas entrer dans un descriptif des différentes races de protecteurs car je n’en ai pas la compétence.
Juste un clin d’œil à ces partenaires de l’ombre qui permettent de pouvoir être serein.
Leur voix de stentor signale leur présence aux intrus et… cela peut être source de gêne pour le voisinage. Mais elle suffit aussi à tenir éloignés les chiens errants.
Leur marquage olfactif… leur pipi et popo… donne un message clair aux renards, blaireaux et chiens : attention, tu entres sur mon territoire ! Et le Charpla a une notion vaste du territoire ! Cela ne se cantonne pas à l’enclos (dont il se fiche). S’il estime devoir défendre au-delà, il franchira le grillage… ou le défoncera !

Ensuite, ils vont neutraliser l’intrus. C’est-à-dire qu’ils vont l’empêcher de bouger (alors qu’un Montagne des Pyrénées l’éloignera dans la majorité des cas).
Bon, s’il s’agit d’un canidé (renard ou chien), il y aura pertes et fracas. Si c’est un humain, il fera du pressing pour qu’il s’en aille.

… C’est que c’est impressionnant, les patous ! Et il faut garder son sang-froid pour ne pas exacerber l’agressivité du ou des chiens.
Des cas de morsures sont parfois rapportés par les médias. Mais il s’agit de comprendre ce qui a pu conduire à l’accident.

Tout d’abord, à l’entrée d’une ferme ou en randonnée en montagne, si la présence des chiens est signalée, prenez soin de respecter la signalétique et n’entrez pas sur le territoire en l’absence du maître des chiens.
Si vous êtes à proximité d’un troupeau, éloignez-vous le plus possible et surtout, ne traversez jamais le troupeau !

Face à un chien menaçant, reculez sans agitation et éloignez-vous sans crier. Lancez calmement un « file aux brebis ! », « file aux biquettes ! », « file aux vaches ! » Placez votre sac à dos entre vous et le Patou. Mais parfois…
Le mieux est de scrupuleusement respecter les panneaux et anticiper en s’éloignant quand on entend les aboiements… car les chiens détectent votre présence bien avant que vous soyez près du troupeau ! Alors prenez au plus large !

Les accidents surviennent lorsqu’il y a mépris de ces consignes.

Faire garder son troupeau ou ses bâtiments agricoles reste une nécessité pour l’éleveur. Je n’entrerai pas ici dans des considérations sur le loup, n’étant pas exposée. J’y consacrerai un écrit ultérieurement.
Le plus gros prédateur, hormis les chiens errants, reste l’humain ! Les vols dans les exploitations sont faits courants : matériel agricole, carburant, denrées, véhicules et bétail !
Parfois des saligauds prélèvent la viande sur pied en laissant la carcasse dans la pâture. Immonde !

Les bibiks ont déjà été mordues par des chiens errants et je me réjouis que nous ayons été là, avec le troupeau, à chaque attaque. Cela a minimisé la casse. Bon, il y a eu quelques dommages chez les assaillants… mais voilà : « pas touche aux bibiks ! » Merci les poilus !
Allez ! c’est l’heure de la gamelle !

Prom’nons-nous dans les bois… ??

Randonneurs et promeneurs, pour une meilleure prévention, vous pouvez télécharger la bande dessinée de la Pastorale Pyrénéenne en cliquant sur l’image ci-dessus ou depuis leur site : www.pastoralepyreneenne.fr